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Le mental qui m'a coûté ma carrière (et qui a tout changé)

Photo du rédacteur: Thibaut
Thibaut
8 sept.
5 min de lecture

40-50 joueurs sur un terrain. Une journée de détection pour la sélection départementale. Et moi, incapable d'aligner une passe.


Ce jour-là, je ne savais plus faire une passe. Je ne savais plus plaquer. Je ne savais plus me placer. Je ne parlais plus. Je ne faisais plus rien.


Pourtant, quelques semaines plus tôt, en club, avec mes potes, j'étais le mec qui mettait la misère à l'entraîneur pendant les entraînements. Le mec pour qui les adversaires disaient : "Bravo, franchement, t'es le meilleur sur le terrain aujourd'hui." Un arbitre m'avait même demandé si j'avais déjà pensé à faire pro.


Même joueur. Deux terrains. Deux versions de moi complètement différentes.


Je n'avais pas encore les mots pour ça à l'époque. Il m'a fallu vingt ans, une reconversion complète et beaucoup de recul pour comprendre ce qui s'était vraiment joué ce jour-là. Et c'est cette histoire — celle qui a fini par me coûter ma carrière de rugbyman avant de devenir le cœur de mon métier de coach mental — que je raconte en intégralité dans le dernier épisode de 100% Mental (ici)


Un déclic qui commence à 9 ans, en Irlande


Tout démarre bien avant le rugby, en fait. À 9-10 ans, ma famille déménage en Irlande. Nouvelle culture, nouvelle langue, nouvelle école. Et dans ce chamboulement total, je découvre le rugby un peu par hasard, en suivant un copain à l'entraînement.


Mon premier entraînement était un match ? Je touche zéro ballon, je ne plaque personne, je ne fais rigoureusement rien de concret. Et pourtant je cours partout comme un chien fou, et je kiffe. Pas de calcul, pas d'enjeu, juste du plaisir brut.

L'année suivante, sur ce même terrain de jeu — au sens propre comme au figuré — je suis élu meilleur joueur de la saison. Une immense surprise pour moi, parce que je n'étais absolument pas dans une logique de performance. J'étais juste... moi, sans filtre, sans pression.


De retour en France après 4 ans en Irlande, ma seul obsession: trouver un club de rugby. A peine rentré depuis 1 semaine, je fais mon premier entraînement dans ce nouveau club. C'est la même chose qu'en Irlande : je jouais pour moi et prendre du plaisir ! Arrivé en U16 puis en U19, tout se passe super bien. J'ai même des souvenirs de matchs où je survole le match. Sans le savoir on était en phase finale et il ne fallait surtout pas perdre. Mais je jouais avec mes potes, je jouais pour me faire plaisir. Aucun notion d'obligation de résultats. Simplement kiffer avec mes potes.


Et c'est là que les choses commencent à se compliquer. Une fois monté en équipe A, avec la reconnaissance et les attentes qui vont avec, tout ce qui coulait naturellement en équipe B disparaît. Plus rien. Aucun signal extérieur ne change — même terrain, même sport, même corps. Sauf que maintenant, il faut rendre la confiance qu'on m'accorde. Il faut prouver.

C'est le premier des trois signaux que je n'ai identifiés que bien plus tard.


Trois signaux, un seul et même mécanisme


Le deuxième signal, c'est cette fameuse journée de détection racontée plus haut. Le troisième arrive à l'entrée en senior, dans un club où l'équipe venait de vivre une demi-finale de championnat de France — des joueurs que je considérais presque comme des idoles. Et là encore : blessures à répétition, incapacité à retrouver mes sensations, un rêve de haut niveau qui s'éteint doucement, sans un vrai coup d'arrêt, juste une érosion.


À chaque fois, le schéma est identique. Quand je joue pour le plaisir, entouré de potes, sans rien à prouver à personne — je survole. Quand je joue pour convaincre, pour être validé, pour mériter ma place — je me bloque.

Ce n'est pas une question de talent. C'est une question de pour qui et pour quoi j'entre sur le terrain sur le terrain.


Ce mécanisme, je vais le revivre presque à l'identique quelques années plus tard — mais cette fois dans un tout autre contexte : celui de l'entrepreneuriat, quand je me lance à mon compte et que je frôle l'abandon six mois après mon installation. Le stress permanent, le besoin de résultats, le regard des autres, la fameuse question "alors, comment ça se passe le business ?" qu'on redoute à chaque repas de famille — j'ai retrouvé, quasiment trait pour trait, les mêmes ressorts psychologiques que sur un terrain de rugby.


Ce que je ne vais pas te dévoiler ici


Voilà où je m'arrête volontairement dans cet article, parce que la suite mérite d'être entendue et pas juste lue.

Dans l'épisode complet, je raconte comment un déclic très précis — en creusant sur un préparateur mental que personne ne connaissait vraiment en France à l'époque, en plein cœur de la Coupe du Monde de rugby 2015 — a transformé une intuition diffuse en projet de vie concret. Je détaille aussi comment ce même mécanisme de stress, une fois identifié, ne disparaît pas comme par magie — il faut apprendre à le désamorcer, avec des outils précis que j'utilise encore aujourd'hui, autant sur moi que sur mes clients.

Et surtout, je raconte le moment où j'ai failli tout arrêter, six mois après avoir quitté un poste confortable pour me lancer — et ce qui m'a fait continuer.


Pourquoi cette histoire compte, même si tu n'es ni rugbyman ni entrepreneur


Ce que j'ai mis vingt ans à comprendre, c'est que le stress n'est jamais lié à la difficulté objective d'une tâche. Il est lié à ce qu'on met en jeu émotionnellement derrière cette tâche. Un contrat, une plaquette, une présentation client, un lancement de produit — le geste technique ne change pas. Ce qui change, c'est ce qu'on demande à ce geste de prouver.


Et ça, que tu sois joueur de Top 14, candidat au RAID, chef d'entreprise solo qui jongle avec sa trésorerie ou salarié qui prépare un entretien annuel — c'est exactement la même mécanique. La performance n'est jamais uniquement une question de compétence. Elle est d'abord une question de pour qui on la fait.


C'est cette conviction qui est aujourd'hui au cœur de mon travail, avec mes athlètes de haut niveau comme avec mes clients entrepreneurs. Pas leur apprendre à travailler plus. Leur apprendre à identifier ce qui, en eux, transforme une action naturelle en performance sous pression — et à reprendre la main dessus.


Si cette histoire résonne avec une situation que tu es en train de vivre — sur le terrain, en entreprise, ou ailleurs — je t'invite à écouter l'épisode complet, où je vais beaucoup plus loin sur ce qui a permis de transformer ce blocage en métier. (Lien Podcast)


Et si tu sens que ça touche quelque chose de plus personnel pour toi en ce moment, on peut aussi simplement en discuter autour d'un rendez-vous découverte — sans engagement, juste pour regarder ensemble ce qui se joue.

 
 
 

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